L’essentiel à retenir : le salaire intérimaire dépasse la simple rémunération des heures travaillées grâce aux mécanismes compensant la précarité. Ce calcul revalorise le montant final perçu, car il intègre systématiquement deux primes cumulatives s’ajoutant au taux horaire de base : l’indemnité de fin de mission et celle des congés payés, correspondant chacune à 10 % de la rémunération brute totale.
Face aux multiples spécificités du bulletin de paie, calculer un salaire intérim avec exactitude devient vite un exercice périlleux pour qui souhaite anticiper ses revenus réels. Cette fiche pratique décortique pour vous le mécanisme complet de la rémunération temporaire, en isolant l’impact des indemnités de fin de mission et des congés payés sur le montant final. Maîtrisez dès maintenant les règles de conversion du brut au net pour garantir la justesse de vos versements et sécuriser votre parcours professionnel.
- Décomposer la rémunération brute : la base de tout
- Les indemnités spécifiques à l’intérim : ce qui fait la différence
- Du brut au net : la dernière étape et les cas particuliers
Décomposer la rémunération brute : la base de tout
Le mécanisme pour évaluer la paie d’un intérimaire débute sur les mêmes fondations que pour n’importe quel salarié classique, avant d’intégrer les spécificités propres au travail temporaire.
Le taux horaire, socle de votre paie
Tout démarre avec le taux horaire brut. C’est l’entreprise utilisatrice qui fixe ce montant précis, même si c’est l’agence d’intérim qui effectue techniquement le virement final sur le compte bancaire.
Ici, la règle d’or est l’égalité de traitement stricte. Votre taux ne peut jamais être inférieur à celui qu’aurait touché un salarié en CDI de même qualification, après sa période d’essai.
Ce montant doit évidemment respecter le SMIC en vigueur. Pour calculer un salaire intérim de base, on multiplie simplement ce taux par les heures effectuées. C’est la première brique indispensable de votre rémunération.

Au-delà du taux de base : primes et autres avantages
Mais s’arrêter au taux horaire serait une erreur coûteuse. Le principe d’égalité garantit aussi l’accès aux mêmes primes que les salariés permanents présents dans la structure d’accueil.
- Prime de 13ème mois (au prorata de votre temps de présence)
- Prime de vacances
- Autres primes liées au poste (risque, froid, etc.)
- Tickets restaurant et indemnités de transport
N’oubliez pas les heures supplémentaires qui viennent gonfler ce total. L’addition de ces éléments au salaire de base forme votre salaire brut total de mission. C’est ce chiffre précis qui servira de référence ensuite.
Les indemnités spécifiques à l’intérim : ce qui fait la différence
Une fois que le salaire brut de base est posé, on entre dans le cœur du sujet : les deux indemnités qui caractérisent la paie en intérim et qui viennent gonfler significativement la rémunération finale. C’est souvent ici que se joue la vraie différence pour calculer un salaire intérim correctement.
L’indemnité de fin de mission (ifm) : la compensation de la précarité
L’IFM n’est pas un cadeau, c’est le prix de l’insécurité contractuelle. Elle vise spécifiquement à contrebalancer l’absence de stabilité de l’emploi et la nature temporaire inhérente au statut d’intérimaire face au CDI.
Le calcul reste mathématique et direct : son montant s’élève systématiquement à 10 % de votre rémunération brute totale perçue.
Elle vous est versée intégralement à la toute fin de la mission, apparaissant sur l’ultime bulletin de salaire. Notez toutefois une exception majeure : elle n’est pas due si l’entreprise utilisatrice vous embauche en CDI immédiatement après votre mission.
L’indemnité compensatrice de congés payés (iccp)
Comme l’intérimaire ne pose généralement pas de jours de repos, il reçoit une compensation financière immédiate. C’est le rôle précis de l’ICCP, dont le taux est aussi fixé à 10 %.
Un point technique essentiel change tout le résultat : l’assiette de calcul. L’ICCP se calcule sur la rémunération brute totale, augmentée de l’IFM déjà obtenue. C’est un détail qui compte.
| Étape | Base de calcul | Opération | Résultat |
|---|---|---|---|
| 1. Salaire brut de base | 151,67h * 12€/h | Calcul heures | 1820€ |
| 2. IFM | 1820€ * 10% | Calcul précarité | 182€ |
| 3. ICCP | (1820€ + 182€) * 10% | Calcul congés | 200,20€ |
| 4. Salaire brut total | Somme des éléments | Addition | 2202,20€ |
Du brut au net : la dernière étape et les cas particuliers
Le montant brut affiché sur le contrat n’est pas ce qui arrive sur le compte. Comme tout salarié, l’intérimaire participe au financement commun via les cotisations sociales. C’est le prix de notre protection sociale : santé, retraite, chômage. Rien de nouveau ici.
Vous voulez une estimation rapide sans sortir la calculatrice scientifique ? Retirez simplement environ 23 % de votre montant brut total. Cela vous donne une vision assez juste du net à payer avant l’impôt.
Pour calculer un salaire intérim avec précision, il faut scruter la fiche de paie. Plusieurs lignes viennent diminuer le montant final perçu. Voici les postes qui impactent directement le virement bancaire :
- Les principales déductions du brut :
- Cotisations de sécurité sociale (maladie, vieillesse)
- CSG et CRDS
- Cotisations de retraite complémentaire
- Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu
Le cdi intérimaire et la gestion des acomptes : ce qu’il faut savoir
Le CDI Intérimaire, ou CDII, change radicalement la donne financière. La précarité disparaît, et avec elle, l’Indemnité de Fin de Mission (IFM). On ne touche plus cette prime spécifique à la fin de chaque contrat. La logique de rémunération se stabilise.
En contrepartie, le salaire est garanti chaque mois, même en intermission. Les congés payés ne sont plus payés en indemnité mais acquis. On les pose exactement comme dans un CDI classique.
Un besoin de trésorerie urgent peut survenir avant la paie du 12. Vous pouvez demander un acompte sur salaire correspondant aux heures déjà effectuées. Il suffit de solliciter votre agence d’intérim qui validera le virement.
Comprendre la mécanique du salaire en intérim est essentiel pour garantir la transparence de la relation de travail. En intégrant l’IFM et l’ICCP au taux horaire, la rémunération globale valorise la flexibilité du collaborateur. Une fois les charges déduites, le net à payer reflète concrètement cet équilibre entre précarité et avantage financier.
FAQ
Quelles sont les étapes exactes pour calculer le salaire brut total d’une mission ?
Pour obtenir votre rémunération brute totale, le calcul s’effectue en cascade. Tout commence par le salaire de base (taux horaire × nombre d’heures travaillées), auquel s’ajoutent les éventuelles primes et heures supplémentaires. C’est sur ce montant que l’on calcule d’abord l’Indemnité de Fin de Mission (IFM) de 10 %.
Ensuite, vient l’Indemnité Compensatrice de Congés Payés (ICCP). Attention, son assiette de calcul est plus large : elle correspond à 10 % du total formé par le salaire brut de base et l’IFM. C’est ce mécanisme cumulatif qui constitue votre salaire brut global avant déduction des charges.
Comment estimer le passage du salaire brut au salaire net en intérim ?
Comme pour tout salarié, la conversion dépend des cotisations sociales en vigueur (sécurité sociale, retraite, CSG/CRDS). En intérim, ces charges s’appliquent sur l’ensemble de la rémunération, y compris sur l’IFM et l’ICCP.
Pour une estimation rapide et pragmatique, vous pouvez retirer environ 23 % de votre montant brut total. Ce résultat vous donne le « net à payer » avant le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, qui dépendra ensuite de votre taux personnalisé.
Le calcul de la paie est-il différent dans le cadre d’un CDI Intérimaire (CDII) ?
Absolument, la logique change car la précarité du contrat disparaît. En CDI Intérimaire, vous bénéficiez d’une garantie mensuelle de rémunération, mais l’Indemnité de Fin de Mission (IFM) n’est pas versée à la fin de chaque mission.
Concernant les congés payés, ils ne sont plus systématiquement payés chaque mois sous forme d’indemnité (ICCP), mais acquis et posés comme dans un CDI classique. Le calcul se rapproche donc de celui d’un salarié permanent, avec la sécurité de l’emploi en plus.
L’Indemnité de Fin de Mission (IFM) est-elle toujours due ?
Elle est la règle en contrat de travail temporaire classique pour compenser la précarité, mais il existe des exceptions notables. Elle n’est pas versée si la mission débouche immédiatement sur une embauche en CDI avec l’entreprise utilisatrice.
De même, elle n’est pas due en cas de rupture du contrat à l’initiative du salarié, de faute grave, ou lors de certains cas spécifiques comme le travail saisonnier. Il est essentiel de vérifier le motif de fin de contrat pour valider ce droit.